Un label pour y voir plus clair

«Cocorico, nos crèmes glacées sont fabriquées en France », clame Hàagen-Dazs, tandis que Toyota présente sa Yaris comme la « voi-ture ta plus produite en France». Les deux groupes - l'un améri cain, l'autre japonais mettent en avant le label « Origine France garantie ».

Décerné depuis 2011 par l'association ProFrance, dont les membres sont à la fois des entreprises, des fédérations pro-fessionnelles et des institutions (chambres de commerce, BusinessFrance...), il se veut le plus exigeant dans ce domain.e « Constatant la profusion de dra-peaux et de labels plus ou moins sérieux, parfois autoproclamés, nous avons voulu en créer un qui soit transversal et le plus strict possible », explique le president de ProFrance, le député UBI de Seine-et-Marne Yves Jégo. Un puissant outil marketing Le label est attribué à tm produit (et non pas à une marque ou à une entreprise), s'il «prend ses carac-téristiques essentielles en France » et si au moins SO % de sa valeur ajoutée est française.

«Le "made in France " défini par le Code des douanes exige seulement que la dernière œuvraison soit faite en France », rappelle Yves Jégo. Mille deux cents gammes de produits de 369 entreprises sont déjà réfé-rencées. Entre autres : les lunettes Atol, les détecteurs de fumée Lifebox, les bières Kronenbourg, les agendas Quo Vadis, les véhi-cules utilitaires Iveco... Grandes entreprises françaises et étrangè-res et PME paient une cotisation pour pouvori apposer leur « OPC » pendant trois ans. Preuve de l'exigence du label, une entreprise sur deux ne parvient pas a passer avec succès l'audit conduit par un organisme de cer-tification indépendant, tel Bureau Veritas. «Pour pouvoir certifier les BN goût fraise, comme les BN chocolat, il a fallu trouver un autre fournisseur de purée de fruits», relate Yves Jégo.

Ensuite, tous les ans, chaque usine est de nouveau auditée pour vérifier, par exemple, la provenance des vis des fours De Dietrich (Groupe Brandt), qui figurent parmi les premiers à avoir obtenu le label. C'est un effort important mais payant, estiment les entreprises. Le label devient un argument marketing de plus en plus puissant en France comme à l'étran-ger: le fabricant de meubles Gauthier l'utilise par exemple en Australie. Whirlpool songe aussi à l'afficher sur ses sèche-linge exportés depuis Amiens. «Pour les consommateurs français, la provenance est un critère, c'est un gage de confiance et de qualité », estime la directrice marketing Sandrine Maguin. Le fabricant américain a investi 42,5 millions d'euros depuis 2009 pour faire monter en gamme son usine d'Amiens. Sa production augmente même passant de 370 000 pièces en 2014 à 500 000 cette année.

« Afficher la provenance d'un produit, y compris bientôt dans notre catalogue en ligne, permet de res-ponsabiliser le consommateur», souligne Yves Jégo. Deux fois par mois environ, le député visite une usine pour remettre le label, comme récemment chez Lafuma Mobilier et peut-être bientôt chez Lacoste, qui s'est portée candida-te. «Le label est vu comme une récompense, mais c'est plutôt la preuve d'un ancrage en France, témoigne Yves Jégo, fl est aussi interprété par les salaries comme une absence de projet de délocali-sation. » •

 

Le label «UFG» est aussi interprété par les salariés, comme une absence de projet de délocalisation YVES JEGO,
PRESIDENT DE PROFRANCE, QUI DECERNE LE LABEL PHOTO J -C MARMARA/
LE FIGARO


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